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PREMIÈRES ÉDITIONS DE LA NOUVELLE HÉLOISE

les autorités ne puissent ni ne veuillent s’y opposer. Rey gagna assurément de l’argent. Mais l’entreprise, avant le succès, n’était pas, il faut le dire, tout à fait sûre. Les quatre-vingt-dix louis neufs promis à Rousseau n’étaient pas la somme dérisoire qu’il nous semble. On ne croit plus aujourd’hui que la censure, la Sorbonne et le Parlement n’étaient pour les écrivains que de vains fantômes et la Bastille une aimable villégiaturer[1]. Mais n’eussent-ils tenu sur la tête des auteurs que des foudres de clinquant qu’ils eussent encore gardé des armes aisément efficaces. Par les privilèges et les tolérances, par les poursuites et les entraves de la vente et du colportage, ils frappaient les éditeurs à la bourse ; ils opposaient ainsi aux auteurs une des plus solides barrières, celle de l’argent.


(Voir à la page suivante le tableau des filiations.)
  1. Voir notamment les études de M. Lanson sur l’affaire de l’Émile (Annales, 1905, pp. 95-136) et de M. Keim, sur celle de l’Esprit d’Helvétius (Helvétius, sa vie et son Œuvre. Paris, Alcan, 1907, Ch. XV.)