Page:Annales du Musée Guimet, tome 21.djvu/136

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page a été validée par deux contributeurs.
cx
ANNALES DU MUSÉE GUIMET
œuvre admirable de patience et de clarté, nous possédons presque tout le matériel avestéen. Ce vaste travail de M. Geldner confirme la conclusion à laquelle étaient arrivés déjà les premiers éditeurs : c’est que tous les manuscrits connus reproduisent un seul et même texte : il n’y a qu’une seule version de l’Avesta. La nouvelle édition, qui est dans son ensemble un hommage éclatant au sens critique et à la sagacité du premier éditeur, Westergaard, apporte dans le détail un vaste contingent d’améliorations au texte publié. La seule chose à regretter, c’est que M. Geldner n’ait pas fait un usage plus fréquent et plus systématique de la traduction pehlvie qui, en fait, représente un texte zend plus ancien que nos plus anciens manuscrits : car nous n’avons pas de manuscrit zend qui remonte plus haut que le xiii° siècle et la traduction pehlvie a été faite sur un manuscrit zend plus ancien de cinq ou six siècles.
Nous avons fait usage de l’édition de M. Tahmuras (voir p. xc) pour les textes pazends intercalés en bâj dans le sacrifice contemporain.

II

Nous possédons du Yasna quatre séries de traductions : 1° pehlvie ; 2° sanscrite ; 3° gujratie ; 4° persane ; auxquelles il faut adjoindre pour les Gâthas une paraphrase pehlvie.
1° Grâce à M. Spiegel, on possède depuis 1858 le texte pehlvi du Yasna d’après un des manuscrits les plus anciens du Yasna, le manuscrit 5 de la collection de Copenhague, écrit à Kambayat en 692 de Yazdgart ( 1323 de notre ère) par Herbad Rustam bìn Mihirvân. Malheureusement ce manuscrit n’est point le plus correct ; il n’y a en fait aucun manuscrit pehlvi qui soit un peu uniformément correct, et les travaux faits sur cette traduction sont nécessairement précaires. J’ai pu utiliser, grâce à l’amitié de M. West, les deux manuscrits les plus utiles pour la restitution du texte pehlvi ; ce sont :
1° Le manuscrit J2, achevé vingt-trois jours après le manuscrit de Copen-