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(me

PARIS

(1120)

pie vérité : dans une vieille ville où l’habitation manqué, on ne perce pas uniquement pour percer ; on perce surtout pour provoquer l’industrie dU bâtiment et vivifier toutes les industries qUi en dépendent, en même temps

qu’on assure le logement d’une moitié de la : population. On ne transforme pas une grande cité pour le plus grand plaisir des promeneurs et la plus grande commodité des cochers ; artistiquement et économiquement là reconstruction est le but ; la circulation n’est que le moyen, et la perspective, l’accessoire, I

C’est dans cet ordre d’idées qu’il faut-àilër-’Chercher Une réponse aux objections, très-sérieuses d’ailleurs, tirées defélat dans lequel ont été laissés pendant trop longtemps certains quartiers de la rive gauphp ei la plupart des anciennes communes suburbaines. La reconstf uctiony était etjy est encore douteuse, témoin l’avenue des Gobelins et la rue dé Puebla^ tandis qu’elle est certaine dans l’opulent quartier de l’Opéra ; niais ce n’est point une raison absolue pour ajourner indéfiniment les améliorations promises tant aux régions pauvres de l’ancien Paris /qu’à la banlieue annexée. Opérer plus lentement et plus économiquement dans cette double zone, et concilier ainsi, dans une sage mesuré, les principes de la justice distributive avec le fait brutal de l’inégalité des quartiers devant les entrepreneurs et Jes architectes, telle devait être et telle a été la ligne de conduite généralement suivie par l’édilité parisienne, i

Et, à ce propos, il faut bien reconnaître qu’on ne se rend pas suffisamment -compté de la perturbation apportée, par le fait de l’annexion, dans le plan général de la transformation parisienne, tel que l’avait, réglé là convention de 1858. Assimiler à l’ancienne ville bnze communes ou portions de communes, comprenant entre elles une population d’environ quatre cent mille habitants, répartis sur un territoire inégal, tourmenté, arbitrairement percé, capricieusement bâti, c’était, au jseùl point de vue dp ia voirie, une œuvre gigantesque. Il fallait, en effet, non-seulement pratiquer l’élargissement sur quelques 1 points ;, le percement sur plusieurs, l’assainissement ! sur tous, par voie d’égouts, de canalisation pour l’eau et le gaz, mais encore el surtout se livrer à un vaste travail de raccordement, ayant pour but l’unification des communes annexées entre elles d’abord, puis avec la cité qui se les assimilait. Ce n’est pas tout : en entrant dans la grande agglomération parisienne, la plupart d’entre elles avaient des dettes à solder, ides travaux encours, des projets à l’étude, des engagements de toutes sortes, el il fallait achever l’oeuvre propre de chacune d’elles, ; c’est-à-dire opérer onze liquidations communales, ayant même d’admettre les nouvelles filles dans le

giron de la métropole. Là rente que chacune apportait en produit d’octfoi, en part..sur jes-quatre cohtribu’.ions/ et. en centimes communaux, était fort loin d’égaler Ba dépense, et jamais, spus ce rapport, adoptiph-n’a été plus onéreuse.

Tel était ;, autant qu’on peut l’indiquer dans une rapide- esquisse, l’oeuvre matérielle imposée par la force des choses à l’édilité parisienne. Et encore n’avons-nous fait figurer au programme que les grands travaux ’dé.voirie proprement : dits ; les grands travaux des architectes forment partout le pendant obligé, et, à peu dé chose près, l’équivalent’arithmétique de ceux des ingénieurs.

L’oeuvre morale, moins longue à exposer, moins discutable dans son ensemble, avait, elle aussi, ses variantes dans le détail et ses difficultés dans la réalisation. L’église, : l’école à. tous, ses degrés, la maison de secours’ sous toutes ses faces, se font facilement admettre en principe ; mais, dès qu’il faut agrandit, ’ créer, transférer^ les objections se produisent, lès intérêts se heurtent, et les lenteurs deviennent une résultante inévitable. Rien, en effet, ’dé plus inégalement réparti, dans l’ancien Paris, que les édifices religieux, scolaires et charitables ; le mode de développement de la cité ayant eu lieu non par zones concentriques, mais par voie de rayonnement, de grands vides se sont toujours.maintenus entre les râybhs aboutissant à la circonférence, :’ c’étaient les cUhùfes d’autrefois, ce sont les terrains : vagues d’aUjouf- ■ d’hui. Il en est résulté que les. ; fâUbOUrgs anciens et modernes, projection illimit|ë dé la ville vers là"campagne, sont rëslës-aj’état : de membres démesurément allongés, se rattachant au corps i et y puisant la vie par un point unique. Églises, écoles, lieux d’assistance, tout se trouvait là ; l’extrémité opposée, florissante : au point deTue matéfiel, languissait dans un complet appauvrissement moral ; Il y â«un demi-siècle, qu’existait-il au delà dès boulevards intérieurs, pouf la satisfaction des besoins intellectuels et mPfaux ? Et aU delà des boulevards extérieurs, qUe trouvait-on d’analogue en 1860 ? La réponse à cette double question donné là mesure des desiderata qui se sont’imposës depuis a là sollicitude municipale.

— L’oeuvre dehtxe semble, à première vue, bien oiseuse, en présence de tant de besoins de première nécessite ; mais ce sexÉitjîâoUslérépë- ■ tons, en méppnnaUre complètement la nature et la portée, que de la considérer comme une pure superfétation. Les travaux de luxe, tels que-les squares, les grands parcs, les statues, les fontaines jaillissantes, aident, dans une certaine mesure, à l’accomplissement de l’oeuvre matérielle et de l’oeuvre morale. L’eau, la verdure, les ombrages des squares déterminent là construction,