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tir de 1852, les plus grands efforts pour encourager la création d’un service de médecine gratuite départementale. L’attention des préfets el des conseils généraux fut appelée tout spécialement sur les avantages d’une institution qui devait améliorer notablement le sort des indigents des.campagnes.

Plusieurs modes d’assistance furent essayés ; mais celui qui a paru le plus satisfaisant est l’institution de médecins cantonaux, appliquée avec succès depuis plusieurs années, sur plusieurs points de la France, et notamment dans le Loiret. Voici les bases de l’organisation adoptée dans ce département.

Le service de chaque circonscription, composée d’un nombre de communes variant suivant l’importance de la population, est confié à un médecin nommé par le préfet.

Chaque année, le bureau de bienfaisance de la commune, ou, lorsqu’il n’en existe pas, une commission composée du maire, de l’adjoint et du curé, dresse, eu présence du médecin, la liste, des indigents qui seront appelés à jouir des bienfaits de la médecine gratuite. Cette liste est ensuite soumise à l’approbation du conseil municipal.

Le médecin cantonal traite à domicile, sur la demande : du maire, ou, à son défaut, d’un membre de la commission communale, les indigents portés sur la liste. Dans les cas urgents, il peut être appelé directement par le malade ou par sa famille, sans autre formalité que la présentation de la carie délivrée à chacun des indigents inscrits.

Les médecins visitent et soignent également les enfants trouvés, abandonnés, orphelins, les vieillards et infirmes, placés dans les familles au compte du département. Outre les soins que peuvent venir réclamer auprès d’eux les malades indigents de leur circonscription en état, de se transporter à leur domicile, les médecins cantonaux donnent, au moins une fois par semaine, des consultations gratuites. Enfin, ils. doivent, chaque année, adresser" au préfet uni rapport constatant les résultats de leur service.

Les médecins sont indemnisés de leurs frais de déplacement. Chacun d’eux reçoit annuellement une allocation proportionnée tant à l’étendue de la circonscription, qu’au nombre des indigents, enfants et vieillards qu’il a été chargé de visiter. En outre, lorsque les ressources le permettent, des primes sont données à ceux qui se sont distingués par leur zèle.

Les médicaments sont fournis par un pharmacien domicilié dans la circonscription, ou par le médecin, s’il n’existe pas. d’officine à une-distance de quatre kilomètres : du domicile du malade. Toutes les communes sont pourvues d’un mobilier médical se composant de

linges, baignoires et objets de première nécessité. Ce mobilier est mis en dépôt soit à la cure, soit à la maison d’école, soit dans les établissements de sœurs, et il est prêté sur l’autorisa^ lion du. médecin.

L’administration supérieure ayant apprécié les avantages de cette organisation, en a conseillé l’adoption, mais sans la prescrire, les conseils généraux ayant été laissés libres de choisir le système qui. leur paraissait le mieux répondre aux habitudes des populations.

48 départements possèdent aujourd’hui un service de médecine gratuite pour les indigents des campagnes. En voici la liste : Aisne, Allier, Alpes (Basses-), Alpes (Hautes-), Ardemies, Ari’ge, Aude, Aveyron, Bouehes-du-Rhône, Cher, Corse, Creuse, Doubs, Drôme, .Garonne (Haute-), Gers, Gironde, Hérault, Ille-et-Vilaine, Indre, Indre et-Loire, Isère, Jura, Landes, Loire, Loire-Inférieure, Loiret, Lot, Maine-et-Loire, Marne, Meurthe, Meuse, Moselle, Nièvre, Oise, Pas-de Calais, Pyrénées (Basses-), Rhin (Bas-), Rhin (Haut-), Saône-el-Loire, Sarthe, Savoie (Haute-), Seine-et-Oise, Sèvres (Deux-), Somme, Tarn, Tarn-et-Garonne, Vaucluse.

Si l’organisation de ce service varie suivant, les besoins et les usages des populations, partout, du moins, les soins du médecin et les médicaments sont fournis gratuitement aux malades. Dans quelques départements, on ajoute à ces bienfaits une distribution gratuite d’aliments, destinés à rendre aux convalescents les forces nécessaires pour reprendre leur travail.

Les ressources destinées à pourvoir au payement des dépenses sont fournies par les départements, les communes et les bureaux de bienfaisance. De son côté, la charité privée apporte son précieux concours à cette oeuvre. L’état accorde des subventions aux départements qui, par l’importance des résultats obtenus et les sacrifices qu’ils s’imposent, de concert, avec les communes, paraissent mériter cette faveur.

Le nombre des, départements ainsi subventionnés a varié, de 1861 à 1865, de 38 à 40, et le montant des subventions de 46,200 fr. à 50,000 fr.,

Voici pour les cinq années de cette période, l’expression numérique des résultats obtenus, Le nombre des indigents inscrits sur la liste a été de 3,532,169 ; celui, des indigents traités de 1,019,1.35 : le-nombre des visites de 2,512,626 ; celui des consultations de 1,221,166.

Les bureaux de bienfaisance et les communes ont donné, une subvention de 3,116,310 francs ; les départements, 1,63.9,178 fr. ; la charité privée, 340,149 fr. ; l’état, 238,300 fr. Le total des • ressources a monté à 5,333,937, celui des dépenses à 4,973,87(5 fr.

Si l’on rapproche le nombre des indigents soignés de 1881 à 1865, du montant de la dé-