Page:Annuaire encyclopédique, IX.djvu/748

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’ (1487) * SECON ; ; (1488 V

ficelles. Le ministre de la guerre n’en ayait pas reçu lui-même ; mais la gendarmerie j lui. avait transmis quelques détails dont il.dop.na communication à l’assemblée et qui faisaient pressentir une victoire.—Si l’armée luttait pour, la défense du pays, elle était numériquement très-inférieure à l’armée prussienne ;.il fallait à.tout prix la renforcer ; le ministre de laguérre organisait sans relâche des forces nouvelles ; et plusieurs députés, MM. J. Ferry, le baron Reijle, et divers pétitionnaires avaient proposé *les dispositions tendant à’augmenter l’effectif par dés additions à la loi votée quelques jours auparavant. La. "commission chargée de l’examen de Ces propositions, résuma celles qui ; lui parurent acceptables dans la loi suivante qui fut votée à l’unanimité : « Art. 1er. Les jeunes gens des classes de 1865 et 1866, ’ célibataires el veufs sans enfants, qui ne font pas encore partie de la garde nationale mobile, y seront immédiatement incorporés.—Arl. 2. Les anciens militaires, âgés de moins de 45 ans, même mariés- avec enfants, ou veufs avec enfants, peuvent être admis comme remplaçants ppur tous les citoyens appelés sous les drapeaux par la loi du 10 aout1870. — Art. 3. La présente/loi sera exécutoire à dalôr du. jour de sa promulgation. » ;

Le 17, M. Gambetta déposa urie pétition [signée d’un grand nombre d’habitants de laChapelle-Saint-Denis qui, à raison de l’événement

de la Villette, priaient le gouvernement d’appliquer avec activité les lois sur les étrangers. M. Gambetta appuyait énergiquement cette proposition ^ parce que Paris était inondé d’espions dont la présence pouvait donner lieu à de dangereux tumultes. M. Gambetta saisissait cette occasion pour saluer l’arrivée à Paris de tous les pompiers appelés de la province pour Concourir à la défense nationale.

M. Thiers souleva, dans cette même séarice, une question d’une capitale importance. Les travaux de défense se poursuivaient à Paris avec urie grande activité ; M, Thiers, à qui Paris était redevable de ses fortifications, s’en occupait avec un soin tout paternel. Il trouvait, dans les douloureuses circonstances où se trouvait la France, la complète justification [de cette œuvre qui avait été l’objet de tant de critiques et de blâmes. Il venait de Visiter les remparts et il s’écriait : « Je suis convaincu que Paris peut opposer à l’ennemi une résistance invincible ; je suis convaincu que devant ces hautes murailles, viendra s’arrêter une fortune bien puissante aujourd’hui et bien nouvelle. ... Il en sera ainsi si nous le voulons..i. » Mais il ne suffisait pas à Paris d’être enveloppé de fortifications puissantes- ; il lui fallait un approvisionnement en rapport ayee son immense population. M. de Jouveneel venait de

signaler au-.ministrédo l’intérieur une offré : faite par des. cultivateurs" de La Ferlé-sous-. Jouârrêqui, voyant leurs récoltes engrange menacées par L’ennemi, proposaient dé former un syndical dans le but dëles" céder au gouvernement à des prix inférieurs à ceux du marché, pour l’approvisionnement de Paris. M. Thiers approuvait ce système et déclarait qu’il.se généraliserait de lui-même, si, l’ennemi marchait sur Paris, comme il arriva en 18 :14 et en 1815, où l’on vit tous les habitants des campâgriés.., environnantes chercher un refuge dans Paris avec leurs Vivres et leur bétail. Le ministre des travaux publics et du commerce répondit à M. Thiers que ce projet était excellent, et qu’il lui donnerait la préférence sur tous les autres.

Les séances de la chambre n’étaient plus guère que des réunions de permanence dont l’intérêt principal était celui des nouvelles dont on attendait la communication. Le comte de Palikao en avait toujours en réserve pour tenir lé corps législatif sous l’empiré de iémotiori et ducharme. Il déclarait, le 18, que Lé général Steirimetz avait éprouvé des pertes si gràndeà, qu’il avait été obligé dëdemandpr un armistice, pour enterrer ses morts et enlever ses blessés. Il ajoutait que son armée aVâif dû se replier sur Saint-Mihiel, pour-opérer sa jonclion avec le prince royal, qui se dirigeait sûr, Bar-le-Duc. Le ministre dé la guerre ajoutait : « Enfin, une nouvelle que je vous donne comriie certaine, c’est que le Corps entier des cuirassiers de M. de Bismarck a été anéanti. Il n’en reste.pasun ! » E. donna le même jour des explications sur un fait qui venait de produire dans Paris une véritable explosion de joie, sans qu’il fût possible à personne dé se rendre bien compte des motifs de cette allégresse. « Messieurs, dit le comte de Palikao, il s’est passé un fait qui à pu vous paraître grave et qui est simple : c’est la nomination du général Trochu au Commandement de la.place de Paris. Au pouvoir depuis peu de jours, nous avons travaillé par tous les moyens possibles pour iriettre Paris en état de défense, sans penser toutefois que nous ayûns rien à redouter d’ici à demain. Il fallait coordonner lès efforts et tout mettre entre leà mains d’un sëùLhomme, énergique et dévoué. J’avais nommé le général Trochu, dont je : connaissais la haute valeur, au ; commandement d’un corps d’armée. Cherchant un. homme fort et vigoureux à qui confier les pouvoirs pour l’armement et là défense de Paris, j’ai moi-même rappelé le général Trochu du camp où il -était, et où il pouvait être remplacé par Un autre général..Toilà le motif dé l’appel qui a été fait au général Trochu. Il n’y en a pas d’autre. Rien ne nous inquiète aujourd’hui, au contraire. (Très-bienl très-bien !)»

On se préoccupait toujours dés dangers sus-