Page:Anonyme - Azolie ou la Jeune Fille muette, 1842.pdf/9

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              Les cantons, les villes, les bourgs
       Sont visités : on quête et l’on chemine
       En consultant et voisin et voisine ;
Mais, à l’instant qu’on croit avoir trouvé, toujours
On découvre un défaut, même à la plus parfaite.
       Les envoyés avouaient leur défaite,
       Lorsque soudain, prévenus et conduits
              Au fond d’une sombre retraite
              Par d’anciens pâtres du pays,
Ils trouvèrent enfin une fille discrète.



              Si vous avez vu quelquefois
              Les bas suppôts de la Justice,
              Et ceux que met en exercice
              Le fisc avare de ses droits,
              Pour s’emparer à l’improviste
       D’un malheureux qu’ils suivent à la piste,
Alors je n’ai besoin de vous dire comment
       On se saisit impitoyablement
              De cette misérable fille,
       Seule restée, au décès d’un parent,
              Sous le chaume de sa famille,
              Et comme on eut l’attention
              De la priver, pendant la route,
              De toute conversation,