Page:Anonyme - Le Roi du nord, biographie et portrait, 1891.djvu/19

La bibliothèque libre.
Aller à la navigation Aller à la recherche
Cette page a été validée par deux contributeurs.
— 19 —

« Les influences du Sud, qui prétendait n’avoir pas eu encore sa part légitime, tempéraient les élans généreux des ministres. M. Labelle avait un suprême argument : « Le Sud a beaucoup reçu, le Nord presque rien ; quand le Sud reçoit, le Nord n’en profite pas, tandis que quand le Nord prospère, la richesse qui en découle se fait sentir au Sud. » Il supplia, fit anti-chambre, fut repoussé. « Tâchez donc de nous débarrasser de votre curé », disait un jour un ministre au membre du comté de Terrebonne. « Inutile, répond celui-ci ; s’il vous ennuie, donnez-lui ce qu’il vous demande ; autrement, jamais vous n’en serez délivré. »

Ce fut après bien des démarches, bien des supplications, que le ministère acquiesça à cette juste contrainte, et fit la part du Nord, selon les moyens dont le gouvernement pouvait alors disposer.

Mais l’œuvre principale de cet homme infatigable est certainement le chemin de fer commencé sous ses auspices, portant d’abord le nom modeste de chemin à lisses de bois, et aujourd’hui réalisé avec des lisses d’acier. C’est là que se déploya son énergie sans pareille. C’est dans la poursuite de ce projet qu’il entreprit des luttes, des voyages, des courses, des écrits, etc., dont faire le récit serait narrer l’enfance orageuse de deux grands chemins de fer. M. Labelle a toujours regardé le chemin de fer de Colonisation du Nord comme partie du chemin du Pacific Canadien, et il s’intéressa fort à celui-ci. Il le considérait comme la grande artère qui devait porter les richesses de