Page:Anonyme - Raoul de Cambrai.djvu/55

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page a été validée par deux contributeurs.

laume de Tudèle aurait connu l’ancienne rédaction selon laquelle Raoul incendiait Saint-Quentin (voy. p. xxxviij) qui serait alors la « rica ciutat » des vers cités. En tout cas il y a ici un trait que n’offre pas le poème en l’état où nous le connaissons : c’est que Raoul aurait été blâmé pour cet excès par sa mère, et se serait laissé aller à un mouvement de colère.

Folquet de Romans, Ma bella domna, (commencement du xiiie siècle) :

Ma bella dompna, per vos dei esser gais,
C’al departir me donetz un dolz bais
Tan dolzamen lo cor del cors me trais.
Lo cor avetz, dompna, q’eu lo vos lais
Per tel coven q’eu nol voill cobrar mais ;
Qe meill non pres a Raol de Cambrais
Ne a Flori can poget el palais,
Com fetz a mi, car soi fin et verais,
Ma bella dompna.

(Archiv f. d. Studium d. neueren Sprachen, XXXIII, 309.)

« Ma belle dame, pour vous je dois me montrer plein de joie, car, lorsque nous nous séparâmes, vous me donnâtes un doux baiser, un baiser si doux qu’il m’a enlevé le cœur du corps. Vous avez mon cœur, dame, et je vous le laisse, à condition de ne jamais le reprendre. Meilleure n’a été la fortune de Raoul de Cambrai, ni celle de Floris, quand il monta au palais, que n’a été la mienne, à moi qui suis fidèle et sincère. »

Floris n’est autre que le Floire de Floire et Blancheflor, mais nous ne voyons pas ce qui, dans notre poème, a pu motiver l’allusion à Raoul de Cambrai. Sans doute Raoul avait une amie, Heluis de Ponthieu ; mais, au moins