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XX
RONDEAUX

s’il fut prosateur apprécié, rien ne prouve qu’il ait été poète. Restent donc Jacques de Brézé, fils du Grand Sénéchal, et Jacques, bâtard de la Trémoïlle, tous deux connus par leurs poésies[1]. Il serait toutefois étonnant que le copiste du manuscrit ait désigné Jacques de Brézé par le seul nom de Jacques, alors qu’il donne à tous les autres auteurs leur nom de seigneurie ; le bâtard de la Trémoïlle, au contraire, jusqu’à sa légitimation qui eut lieu en 1466, n’a pas eu d’autre appellation : nous croyons donc qu’il s’agit ici du fils de Marie la Championne, de Jacques, écuyer, seigneur de Saint-Civran, bâtard de la Trémoïlle.

Une objection se présente cependant : nous ne trouvons jamais ce personnage traité de Monseigneur ; il est seulement dénommé « Jaque [2]» ou « bastart de la Trimoille[3] ». À cela on peut répondre que, si officiellement on ne donnait pas au bâtard de la Trémoïlle le titre de Monseigneur, rien ne s’opposait à ce que dans l’usage on le qualifiât ainsi, d’autant que malgré la disgrâce de son père il resta toujours au service du roi[4], et qu’en fait, il était seigneur de Saint-Civran. Ajoutons que si, comme nous l’avons dit plus haut (p. v), le manuscrit qui sert à cette édition a été fait par ses ordres, la chose devient encore plus vraisemblable.

  1. Nous parlons plus loin des œuvres du bâtard de la Trémoïlle. Pour Jacques de Brézé, il est l’auteur du Livre de la Chasse, des Ditz du bon chien Souillard et d’une Loenge de madame de Bourbon, le tout publié par le baron Jérôme Pichon (Paris, Aubry, 1885).
  2. Bibl. nat., Pièces orig., dossier La Trémoïlle.
  3. Bibl. nat., ms. fr., 1104, fol. 25 vo et 95. — Chronique de Charles VII de Jean Chartier, t. Il, p. 196.
  4. Nous le voyons en 1450, avant la bataille de Formigny, envoyé en éclaireur par le connétable de Richemont (Cosneau, Le Connétable de Richemont, p.410).