Page:Anonyme ou Collectif - Voyages imaginaires, songes, visions et romans cabalistiques, tome 2.djvu/151

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nière, tomba à terre, avec le reste, comme mort de peur ; de manière que nos gens s’imaginèrent les avoir tous tués.

Cette opinion les fit sortir hardiment de l’arbre sans avoir rechargé, ce qui étoit une démarche fort imprudente ; & ils furent bien étonnés, en approchant de l’endroit, d’en voir quatre en vie, parmi lesquels il y en avoit deux blessés assez légèrement, & un autre sain & sauf. Cette découverte les obligea à donner dessus avec la crosse du fusil. Ils dépêchèrent d’abord l’esclave qui étoit la cause de tout ce désastre, & un autre qui étoit blessé au genou. Ensuite le sauvage qui n’avoit pas reçu la moindre blessure, se mit à genoux devant eux, tendant les mains vers le ciel, & par un murmure lamentable, & d’autres signes aisés à comprendre, il demanda la vie ; pour les paroles qu’il prononçoit, elles leur étoient absolument inintelligibles.

Ils lui répondirent par signes, de s’asseoir au pied d’un arbre, & un des Anglois ayant par hasard sur lui une corde, lui lia les pieds & les mains, & le laissant là dans cette situation, ils se mirent l’un & l’autre aux trousses des deux premiers, avec toute la vivacité possible, craignant qu’ils ne découvrissent la cave qui cachoit leurs femmes, & tout le bien qui leur restoit. Ils les eurent en vue une fois, mais à une grande dis-