Page:Anonyme ou Collectif - Voyages imaginaires, songes, visions et romans cabalistiques, tome 20.djvu/53

La bibliothèque libre.
Aller à la navigation Aller à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.

lorſqu’elle en fut à quatre toiſes, elle fit écrire une ſeconde lettre aux rébelles, par laquelle on les avertiroit du moyen qu’on avoit pour qu’il n’en échappât pas un ſeul ; & que pour leur prouver la vérité de cette menace, elle vouloit bien qu’ils députaſſent quatre des leurs pour la vérifier, & qu’il leur ſeroit donné pareil nombre d’ôtages. La propoſition fut acceptée : leurs émiſſaires virent le bras du Nil ſi près de leur demeure, qu’ils convinrent qu’ils n’avoient point d’expédient pour ſe garantir d’être ſubmergés. Ils demandèrent ſix heures pour faire leur réponſe & ils rapportèrent cette triſte nouvelle à la ville ſouterraine. Au bout de ce tems, un des leurs parut au bas de la machine ; il remit une lettre à la garde, qui fut rapportée à la reine & elle y lut ces mots :

Lamékis, grand-prêtre, à Sémiramis.

« Les bontés dont vous avez voulu m’honorer, madame, méritent de la ſincérité & de la reconnoiſſance, & prêt à vous faire un éternel adieu ; le moins que je doive, eſt de vous faire un portrait ſincère de notre ſituation, & de la vérité de mes ſentimens.

Le culte de Sérapis eſt détruit : les prédictions du dieu ſont accomplies ; mais ſon temple