Page:Anthologie contemporaine, Première série, 1887.djvu/141

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Bientôt, je fus tellement absorbé par ce spectacle que j’oubliai complètement où j’étais. Ma pensée vaguait je ne sais où, tandis que mes yeux se repaissaient de la fantasmagorie aquatique, des jeux de la lumière, et des évolutions des hôtes de la Reliane.



VI


Un éclat de rire cristallin me tira brusquement de ma rêverie.

Je me redressai, et une vision céleste me fît oublier le reste de l’univers.

C’était Jeanne, debout sur la rive, dans un rayon de soleil. Ses magnifiques cheveux dorés s’échappaient en boucles folles de dessous sa capeline rouge, encadrant à ravir sa mignonne figure rosée, étoilée par ses yeux bleus.

Comme elle était gracieuse avec son corsage de futaine et son jupon court.

Et rieuse !…

Cela l’amusait évidemment beaucoup de me voir « le jouet des éléments ».

Combien je maudissais ma maladroite étourderie !

Si, au lieu de m’embarquer, j’avais suivi tranquillement la rive, j’aurais rencontré Jeanne, venue peut-être là intention-