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PRÉFACE.

M. de Rosny de traduire souvent et beaucoup.

Il me semble qu’on ne saurait avoir trop de reconnaissance pour ceux qui se consacrent à un travail aussi long et aussi ingrat que celui de nous faire connaître une littérature nouvelle et surtout une littérature orientale. Il ne s’agit pas seulement de traduire en français quelques mots d’une langue étrangère. C’est le génie d’un peuple qu’il faut surprendre et transporter en notre pays. Si nous admirons le voyageur qui nous fait le récit des terres lointaines et des peuples inconnus qu’il a visités, combien devons-nous admirer davantage ceux qui amènent chez nous l’étranger lui-même, qui nous font pénétrer, non-seulement dans sa maison, mais dans son âme ! Charles-Quint disait qu’on était autant de fois homme qu’on savait de langues ; il avait raison ; cela n’est pas moins vrai de celui qui se familiarise avec les littératures étrangères, qui dépouille ses préjugés d’enfance et de nation pour vivre avec ceux qu’il ne verra jamais, et qui, grâce au flambeau que lui présentent des savants dévoués, s’en-