Page:Anthologie japonaise, poésies anciennes et modernes.djvu/24

La bibliothèque libre.
Aller à la navigation Aller à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.
xvj
PRÉFACE.

sur la terre. Les villes tombent, les palais s’écroulent ; on oublie le nom des rois ; mais des hiéroglyphes peints sur un vieux temple, les débris d’une plainte maternelle gravée sur un tombeau, quelques lignes tracées sur une feuille de palmier ou sur un parchemin jauni éveillent en notre âme l’écho des jours lointains et nous font partager la peine et les chagrins de ceux qui, depuis longtemps, ne sont plus qu’une poudre insensible jetée à tous les vents.

L’Anthologie japonaise ne me servira pas de prétexte pour faire un long discours sur un pays que je ne connais guère. Je ne dirai pas que les Japonais sont les Anglais de l’extrême Orient, de peur qu’involontairement le lecteur ne soit tenté de comparer l’esprit fin et moqueur des Chinois à celui du peuple d’Occident qui est le plus voisin de la Grande-Bretagne. J’avoue mon ignorance, et d’ailleurs j’ai horreur des systèmes. C’est le lit de Procuste où l’on mutile la vérité. En ce moment contentons-nous de jouir de ce qu’on nous donne, et prions