Page:Apollinaire - Le Flâneur des deux rives.djvu/47

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encore au collège, à faire croire à la cuisinière de ses parents qu’un certain fourreau qui emprunta jadis son nom à la paisible ville de Condom était une bourse de nouvelle sorte et fort commode pour les gros sous. À la boucherie, ce fut un éclat de rire qui se propagea dans toute la ville. La cuisinière se plaignit vivement, ne cachant point le nom de celui qui l’avait trompée. Et depuis ce jour, les dévotes regardèrent M. Fernand Fleuret d’un mauvais œil.

Quand il voulut publier cette supercherie littéraire très supérieure à celle de Mérimée : le Carquois du sieur Louvigné du Dézert, M. Fernand Fleuret se fit appuyer auprès d’un éditeur qui demeure à côté de l’Odéon.

L’éditeur sourit à mon Fleuret, tâte le manuscrit, l’ouvre et le premier mot qui lui tombe sous les yeux, c’est celui dont les typographes firent une si belle coquille un jour que, dans un journal, il était question des fouilles de Mme Dieulafoy.

« Fouilles, Monsieur, s’écria l’éditeur en refermant le manuscrit, Monsieur… Sortez, Monsieur. »