Page:Apollinaire - Les Onze mille verges, 1911.djvu/171

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CHAPITRE VIII


Prisonnier sur parole, Mony fut libre d’aller et de venir dans le camp Japonais. Il chercha en vain Cornabœux. Dans ses allées et venues, il remarqua qu’il était surveillé par l’officier qui l’avait fait prisonnier. Il voulut en faire son ami et parvint à se lier avec lui. C’était un Sintôiste assez jouisseur qui lui raconta des choses admirables sur la femme qu’il avait laissée au Japon.

— Elle est rieuse et charmante, disait-il, et je l’adore comme j’adore la Trinité Améno-Mina-Kanoussi-Nô-Kami. Elle est féconde comme Isaagui et Isanami, créateurs de la terre et générateurs des hommes, et belle