Page:Apoukhtine - La Vie ambiguë.djvu/35

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rencontré quelquefois à la sortie de la Cour, quelquefois encore dans la société, mais je ne me souviens pas du tout l’avoir vu à la maison et lui avoir rendu visite. Mais que ce soit ce même Mojaïsky ou un autre, grand merci à lui !

Je suis très content que tes premières impressions soient bonnes, et que les pruneaux aient plu à la tante. J’ai donné l’ordre à Smourov de lui en envoyer deux boîtes chaque semaine. Henry IV disait : « Paris vaut bien une messe », et moi, je dirai : « Le Kriastchy de la tante vaut bien quelques boîtes de pruneaux. » Sans doute, nous avons déjà assez de fortune, mais 40.000 de revenu superflu ne font jamais de mal, et je crois qu’elle n’a pas moins.

Une heure après ton départ est venue chez nous Maria Ivanovna ou, comme tu dis, Mary. Très troublée et avec grande émotion, elle a commencé à fouiller dans tes boîtes pour chercher un billet très important. J’ai eu beau lui expliquer que tes archives sont tenues en un ordre désirable pour toutes les archives d’État, qu’elles sont sous cette serrure et que moi-même n’y peux jeter les yeux, comme disent chez nous les « mauvais ton » du club ; elle a continué à fouiller, mais n’a rien trouvé