Page:Apulée - Les Métamorphoses, Bastien, 1787, II.djvu/261

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étant revenu à lui, comme un homme ivre qui se réveille, se leve tout chancelant, et tout brisé des coups qu’il avoit reçus, et s’en revient à la ville, se soutenant sur un bâton avec beaucoup de peine. Il n’osa parler à aucun bourgeois de la violence qu’il avoit exercée, et de sa foiblesse en même-temps. Il tint l’injure qu’il avoit reçue, secrète ; mais ayant rencontré quelques-uns de ses camarades, il leur conta sa disgrace. Ils jugèrent à propos qu’il se tînt caché pendant quelque temps, dans l’endroit où ils étoient logés ; car, outre la honte d’avoir essuyé un tel affront, il craignoit encore d’être châtié pour avoir perdu son épée (27). Ils lui dirent cependant qu’ils s’informeroient soigneusement de ce que nous étions devenus, et que, suivant les enseignes qu’il leur avoit donnés de nous, ils feroient leur possible pour nous découvrir et le venger.

Un perfide voisin de la maison où nous étions retirés, ne manqua pas de nous décéler. Aussi-tôt les soldats ayant appellé la justice, dirent qu’ils avoient perdu en chemin un vase d’argent d’un grand prix, qui étoit à leur commandant ; qu’un certain jardinier l’avoit trouvé, et ne vouloit pas le rendre, et qu’il s’étoit caché chez un de ses amis. Les magistrats instruits de ce crime prétendu, et du nom de l’officier, viennent à la porte de la maison où nous étions, et déclarent à haute voix à notre hôte, qu’il eût à nous livrer, plutôt que de se mettre