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FRIQUETTES ET FRIQUETS

loin de la grille qui avoisine la rue Vavin, devant la pelouse qu’un grand tilleul ombrage.

Endroit charmant en cette saison, à cause de sa solitude et des bourdonnements d’abeilles suspendues aux fleurs du tilleul. Endroit que je vous recommande surtout pour les prochains mois, si, pauvres et amoureux, vous voulez offrir à la bien-aimée cet orgueilleux plaisir de fouler aux pieds un tapis qu’envieraient les reines.

Car le tilleul, lorsqu’il perd ses feuilles, les a blanches par-dessous et d’un vert éclatant par-dessus, de sorte que, selon qu’elles tombent pile ou face, cela fait, en un contraste harmonieux avec le fond émeraude de l’herbe, apaisé, automnal déjà, de magnifiques arabesques alternées d’or et d’argent fin.

En attendant, encore un chapeau de perdu. Sont-ils insolents, ces friquets !

Mais n’oublions pas que l’heure du déjeuner approche, et qu’un ami doit me rejoindre boulevard Saint-Germain.

J’arrive, suant, au petit café, lieu ordinaire de nos rendez-vous. Mon ami n’est pas encore