Page:Arago - Œuvres complètes de François Arago, secrétaire perpétuel de l’académie des sciences, tome 1.djvu/130

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termes : « Je ne tiens nullement à être nommé en ce moment ; je suis décidé à partir prochainement pour le Thibet avec M. de Humboldt ; dans ces régions sauvages, le titre de membre de l’Institut n’aplanirait pas les difficultés que nous devons rencontrer. Mais je ne me rendrai pas coupable d’une inconvenance envers l’Académie. En recevant la déclaration qu’on me demande, les savants dont se compose ce corps illustre, n’auraient-ils pas le droit de me dire : Qui vous assure qu’on a pensé à vous ? Vous refusez ce qu’on ne vous a pas offert. »

En voyant ma ferme résolution de ne pas me prêter à la démarche inconsidérée qu’il m’avait conseillée, M. de Laplace agit d’une autre façon ; il soutint que je n’avais pas assez de titres pour mon admission à l’Académie. Je ne prétends pas qu’à l’âge de vingt-trois ans mon bagage scientifique fût très-considérable, à l’apprécier d’une manière absolue ; mais, lorsque je jugeais par comparaison, je reprenais courage, surtout en songeant que les trois dernières années de ma vie avaient été consacrées à la mesure d’un arc de méridien dans un pays étranger ; qu’elles s’étaient passées au milieu des orages de la guerre d’Espagne : assez souvent dans les cachots, ou, ce qui était encore pis, dans les montagnes de la Kabylie et à Alger, séjour alors fort dangereux. Voici, au surplus, mon bilan de cette époque ; je le livre à l’appréciation impartiale du lecteur :

Au sortir de l’École polytechnique, j’avais fait, de concert avec M. Biot, un travail étendu et très-délicat sur la détermination du coefficient des tables de réfraction atmosphérique.