Page:Arago - Œuvres complètes de François Arago, secrétaire perpétuel de l’académie des sciences, tome 1.djvu/164

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riences de deux membres les plus célèbres de cette Académie, MM. Wollaston et Malus, pour replacer la loi d’Huygens au rang qui lui appartient.

Pendant les longs débats des physiciens sur la loi mathématique d’après laquelle la double réfraction s’opère dans le cristal d’Islande, l’existence du second faisceau étant généralement considérée comme une anomalie qui n’atteignait que la moitié de la lumière incidente ; l’autre moitié, au moins, disait-on, obéit à l’ancienne loi de la réfraction donnée par Descartes ; le carbonate de chaux, en tant que cristal jouit ainsi de certaines propriétés particulières, mais sans avoir perdu celles dont tous les corps diaphanes ordinaires sont doués. Tout cela était exact dans le cristal d’Islande ; tout cela paraissait sans trop de hardiesse pouvoir être généralisé. Eh ! bien, on se trompait. Il existe des cristaux où le principe de la réfraction ordinaire ne se vérifie pas, où les deux faisceaux en lesquels la lumière incidente se partage, éprouvent l’un et l’autre des réfractions anomales, où la lui de Descartes ne ferait connaître la route d’aucun rayon !

Lorsque Fresnel publia pour la première fois ce fait inattendu, il ne l’avait encore vérifié qu’à l’aide d’une méthode indirecte, remarquable par l’étrange circonstance que la réfraction des rayons se déduit d’expériences dans lesquelles aucune réfraction ne s’est opérée. Aussi notre confrère trouva-t-il plus d’un incrédule. La singularité de la découverte commandait peut-être quelque réserve ; peut-être aussi, aux yeux de diverses personnes, avait-elle, comme l’ancienne loi d’Huygens, le tort