Page:Arago - Œuvres complètes de François Arago, secrétaire perpétuel de l’académie des sciences, tome 1.djvu/355

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à d’imminents dangers personnels ? Qui n’avait vu de ses propres yeux des entreprises vraiment désespérées conduites à une heureuse fin ? En faut-il davantage pour expliquer ce caractère aventureux, cette absence de tout souci du lendemain qui paraît avoir été un des traits les plus saillants de l’époque directoriale. Fourier accepta donc, sans hésiter, les propositions que ses collègues lui portèrent au nom du général en chef ; il quitta les fonctions si recherchées de professeur à l’École polytechnique, pour aller… il ne savait où ; pour faire… il ne savait quoi !

Le hasard plaça Fourier pendant la traversée sur le bâtiment qui portait Kléber. L’amitié que le savant et l’homme de guerre se vouèrent dès ce moment n’a pas été sans quelque influence sur les événements dont l’Égypte fut le théâtre après le départ de Napoléon.

Celui qui signait ses ordres du jour : « le membre de l’Institut commandant en chef l’armée d’Orient, » ne pouvait manquer de placer une Académie parmi les moyens de régénération de l’antique royaume des Pharaons. La vaillante armée qu’il commandait venait à peine de conquérir le Kaire dans la mémorable bataille des Pyramides, que l’Institut d’Égypte naquit. Quarante-huit membres, séparés en quatre sections, devaient le composer. Monge eut l’honneur d’en être le premier président. Comme à Paris, Bonaparte appartenait aux sections mathématiques. La place de secrétaire perpétuel, abandonnée au libre choix de la compagnie, fut tout d’une voix donnée à Fourier.

Vous avez vu le célèbre géomètre remplir les mêmes