Page:Arago - Œuvres complètes de François Arago, secrétaire perpétuel de l’académie des sciences, tome 1.djvu/379

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d’Émilie n’était pas seulement un élégant tableau de toutes les propriétés de la chaleur connues alors des physiciens ; on y remarquait encore divers projets d’expériences, un, entre autres, qu’Herschel a fécondé depuis, et dont il a tiré un des principaux fleurons de sa brillante couronne scientifique.

Pendant que de si grands noms étaient engagés dans ce concours, des physiciens, moins ambitieux, posaient expérimentalement les bases solides d’une future théorie mathématique de la chaleur. Les uns constataient que les mêmes quantités de calorique n’élèvent pas d’un égal nombre de degrés la température de poids égaux de différentes substances, et jetaient par là dans la science l’importante notion de capacité. Les autres, à l’aide d’observations non moins certaines, prouvaient que la chaleur appliquée en un point d’une barre, se transmet aux parties éloignées, avec plus ou moins de vitesse ou d’intensité, suivant la nature de la matière dont la barre est formée : ils faisaient naître ainsi les premières idées de conductibilité. La même époque, si de trop grands détails ne m’étaient interdits, nous présenterait d’intéressantes expériences sur une loi de refroidissement admise hypothétiquement par Newton. Nous verrions qu’il n’est point vrai qu’à tous les degrés du thermomètre, la perte de chaleur d’un corps soit proportionnelle à l’excès de sa température sur celle du milieu dans lequel il est plongé ; mais j’ai hâte de vous montrer la géométrie pénétrant, timidement d’abord, dans les questions de propagation de la chaleur, et y déposant les premiers germes de ses méthodes fécondes.