Page:Arago - Œuvres complètes de François Arago, secrétaire perpétuel de l’académie des sciences, tome 1.djvu/439

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page a été validée par deux contributeurs.


tion à un procédé dont l’immortel auteur des premiers et vrais principes de la statique et de l’hydrostatique eût été étonné ? L’appareil de Salomon de Caus, cette enveloppe métallique où l’on crée une force motrice presque indéfinie, à l’aide d’un fagot et d’une allumette, figurera toujours noblement dans l’histoire de la machine à vapeur[1]

Il est fort douteux que Salomon de Caus et Worcester aient jamais fait exécuter leur appareil. Cet honneur appartient à un Anglais, au capitaine Savery[2]. J’assimile

  1. On a imprimé que J.-B. Porta avait donné, en 1606, dans ses Spiritali, neuf ou dix ans avant la publication de l’ouvrage de Salomon de Caus, la description d’une machine destinée à élever de l’eau au moyen de la force élastique de la vapeur. J’ai montré ailleurs que le savant napolitain ne parlait ni directement ni indirectement de machine, dans le passage auquel on fait allusion ; que son but, son but unique était de déterminer expérimentalement les volumes relatifs de l’eau et de la vapeur ; que dans le petit appareil de physique employé à cet effet, la vapeur d’eau ne pouvait élever le liquide, d’après les propres paroles de l’auteur, que d’un petit nombre de centimètres (quelques pouces) ; que dans toute la description de l’expérience, il n’y a pas un seul mot impliquant l’idée que Porta connût la puissance de cet agent et la possibilité de l’appliquer à la production d’une machine efficace.

    Pense-t-on que j’aurais dû citer Porta, ne fût-ce qu’à raison de ses recherches sur la transformation de l’eau en vapeur ? Mais je dirai alors que le phénomène avait été déjà étudié avec attention par le professeur Besson, d’Orléans, vers le milieu du xvie siècle, et qu’un des Traités de ce mécanicien, en 1569, renferme notamment un essai de détermination des volumes relatifs de l’eau et de la vapeur.

  2. Bonnain dit, cependant, qu’après la mort de Kircher, on trouva dans son musée le modèle d’une machine que cet auteur enthousiaste avait décrite en 1656, et qui différait de celle de Salomon de Caus, par cette seule circonstance que la vapeur motrice était engendrée dans un vase totalement distinct de celui qui contenait l’eau à élever.