Page:Arago - Œuvres complètes de François Arago, secrétaire perpétuel de l’académie des sciences, tome 1.djvu/467

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De la force n’est pas le seul élément de réussite dans les travaux industriels. La régularité d’action n’importe pas moins ; mais quelle régularité attendre d’un moteur qui s’engendre par le feu, à coup de pelletées de charbon, et même de charbon de différentes qualités ; sous la surveillance d’un ouvrier, quelquefois peu intelligent, presque toujours inattentif ? La vapeur motrice sera d’autant plus abondante, elle affluera dans le cylindre avec d’autant plus de rapidité, elle fera marcher le piston d’autant plus vite, que le feu aura plus d’intensité. De grandes inégalités de mouvement semblent donc inévitables. Le génie de Watt a dû pourvoir à ce défaut capital. Les soupapes par lesquelles la vapeur débouche de la chaudière pour entrer dans le cylindre n’ont pas une ouverture constante. Quand la marche de la machine s’accélère, ces soupapes se ferment en partie ; un volume déterminé de vapeur doit employer dès lors plus de temps à les traverser, et l’accélération s’arrête. Les ouvertures des soupapes se dilatent, au contraire, lorsque le mouvement se ralentit. Les pièces nécessaires à la réalisation de ces divers changements lient les soupapes avec les axes que la machine met en jeu, par l’intermédiaire d’un appareil dont Watt trouva le principe dans le régulateur des vannes de quelques moulins à farine, qu’il appela le gouverneur (governor), et qu’on nomme aujourd’hui régulateur à force centrifuge. Son efficacité est telle qu’on voyait, il y a peu d’années, à Manchester, dans la filature de coton d’un mécanicien de grand renom, M. Lee, une pendule mise en action par la machine à vapeur de l’établissement, et qui marchait sans trop de