Page:Arago - Œuvres complètes de François Arago, secrétaire perpétuel de l’académie des sciences, tome 1.djvu/476

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La question des salaires et des bénéfices paraît-elle trop délicate ? D’autres considérations nous conduiront à la même conséquence.

Le service d’une seule mine de cuivre de Cornouailles, comprise dans les Consolidaled-Mines, exige une machine à vapeur de plus de trois cents chevaux constamment attelés, et réalise, chaque vingt-quatre heures, le travail d’un millier de chevaux. Puis-je craindre d’être démenti en affirmant qu’il n’existe aucun moyen de faire agir plus de trois cents chevaux, ou deux à trois mille hommes, simultanément et d’une manière utile, sur l’ouverture bornée d’un puits de mine ? Proscrire la machine des Consolidated-Mines, ce serait donc réduire à l’inaction le grand nombre d’ouvriers dont elle rend le travail possible ; ce serait déclarer que le cuivre et l’étain du Cornouailles y resteront éternellement ensevelis sous une masse de terre, de roches et de liquide de plusieurs centaines de mètres d’épaisseur. La thèse, ramenée à cette dernière forme, aura certainement peu de défenseurs ; mais qu’importe la forme lorsque le fond est évidemment le même ?

Si, des travaux qui exigent un immense développement de forces, nous passions à l’examen de divers produits industriels que la délicatesse de leurs éléments, la régularité de leurs formes, ont fait ranger parmi les merveilles de l’art, l’insuffisance, l’infériorité de nos organes, comparés aux combinaisons ingénieuses de la mécanique, frapperaient également tous les esprits. Quelle est, par exemple, l’habile fileuse qui pourrait tirer d’une seule livre de coton brut, un fil de cinquante-trois lieues de