Page:Arago - Œuvres complètes de François Arago, secrétaire perpétuel de l’académie des sciences, tome 1.djvu/475

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page a été validée par deux contributeurs.


directions, les contrées environnantes et transportent à peu de frais les plus lourds fardeaux. Un véritable réseau de routes admirablement entretenues conduit aux parties les plus reculées du territoire. À ces dons de la nature et de l’art, la capitale, que tout le monde a déjà nommée, joint un avantage dont la ville de Paris est privée : les carrières de pierre à bâtir ne sont pas à sa porte, elles n’existent qu’au loin. Voilà donc l’utopie des nouveaux économistes réalisée. Ils vont compter, n’est-ce pas, par centaines de mille, peut-être par millions, les carriers, les bateliers, les charretiers, les appareilleurs employés sans cesse à extraire, à transporter, à préparer les moellons, les pierres de taille nécessaires à la construction de l’immense quantité d’édifices dont cette capitale s’enrichit chaque année. Laissons-les compter à leur aise. Il arrive dans cette ville ce qui serait arrivé à Paris privé de ses riches carrières : la pierre étant très-chère, on n’en fait pas usage ; la brique la remplace presque partout.

Des millions d’ouvriers exécutent aujourd’hui à la surface et dans les entrailles de la terre, d’immenses travaux auxquels il faudrait totalement renoncer si certaines machines étaient abandonnées. Il suffira de deux ou trois exemples pour rendre cette vérité palpable.

L’enlèvement journalier des eaux qui surgissent dans les galeries des seules mines de Cornouailles, exige une force de cinquante mille chevaux ou de trois cent mille hommes. Je vous le demande, le salaire de trois cent mille ouvriers n’absorberait-il pas tous les bénéfices de l’exploitation ?