Page:Arago - Œuvres complètes de François Arago, secrétaire perpétuel de l’académie des sciences, tome 1.djvu/484

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biles citadins, des rives du Gange à celles de l’Amazone, de l’Himalaya aux Cordillères, de Pékin à New-York. Voyez aussi ces graveurs, dont on nous annonçait si piteusement la ruine, jamais ils ne furent ni plus nombreux, ni plus occupés.

Je viens de rapporter des faits irrécusables. Ils ne permettront pas, je crois, de soutenir que sur cette terre, que parmi ses habitants, tels du moins que la nature les a créés, l’emploi des machines doive avoir pour conséquence la diminution du nombre d’ouvriers employés dans chaque genre d’industrie. D’autres habitudes, d’autres mœurs, d’autres passions auraient peut-être conduit à un résultat tout différent ; mais ce texte, je l’abandonne à ceux qui seraient tentés de composer des traités d’économie industrielle à l’usage des habitants de la lune, de Jupiter ou de Saturne.

Placé sur un théâtre beaucoup plus restreint, je me demande si, après avoir sapé par sa base le système des adversaires des machines, il peut être encore nécessaire de jeter un coup d’œil sur quelques critiques de détail. Faut-il remarquer, par exemple, que la taxe des pauvres, cette plaie toujours saignante de la nation britannique, cette plaie que l’on s’efforce de faire dériver de l’abus des machines, date du règne d’Élisabeth, d’une époque antérieure de deux siècles aux travaux des Arkwright et des Watt ?

Vous avouerez du moins, nous dit-on, que les machines à feu, que les Mule-Jenny, que les métiers dont on fait usage pour carder, pour imprimer, etc., objets de vos prédilections, n’ont pas empêché le paupérisme