Page:Arago - Œuvres complètes de François Arago, secrétaire perpétuel de l’académie des sciences, tome 1.djvu/502

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tion de l’eau. Il fit scrupuleusement imprimer son Mémoire dans les Transactions philosophiques. Une note détaillée constata authentiquement la date de la présentation des divers paragraphes de cet écrit. Que pouvait, que devait faire de plus un philosophe du caractère de Watt, si ce n’était d’attendre patiemment le jour de la justice ? Au reste, il s’en fallut de bien peu qu’une maladresse de Deluc n’arrachât notre confrère à sa longanimité naturelle. Le physicien genevois, après avoir averti l’illustre ingénieur de l’inexplicable absence de son nom dans la première rédaction du Mémoire de Cavendish, après avoir qualifié cet oubli dans des termes que de si hautes renommées ne me permettent pas de rapporter, écrivait à son ami : « Je vous conseillerai presque, attendu votre position, de tirer de vos découvertes des conséquences pratiques pour votre fortune. Il vous faut éviter de vous faire des jaloux. »

Ces quelques mots blessèrent l’âme élevée de Watt. « Si je ne réclame pas mes droits sur-le-champ, répondit-il, imputez-le à une indolence de caractère qui me fait trouver plus aisé de supporter l’injustice, que de combattre pour en obtenir le redressement. Quant à des considérations d’intérêt pécuniaire, elles n’ont à mes yeux aucune valeur. Au surplus, mon avenir dépend des encouragements que le public voudra bien m’accorder, mais nullement de ceux de M. Cavendish et de ses amis. »

Dois-je craindre d’avoir attaché trop d’importance à la théorie que Watt imagina pour expliquer les expériences de Priestley ? Je ne le pense pas. Ceux qui refuseraient