Page:Arago - Œuvres complètes de François Arago, secrétaire perpétuel de l’académie des sciences, tome 1.djvu/508

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gence s’est nourrie des vérités fécondes, sublimes, impérissables, des sciences exactes.

Après quelques années de veuvage, Watt eut encore le bonheur de trouver dans mademoiselle Mac-Gregor, une compagne digne de lui par la variété des talents, par la sûreté de jugement, par la force de caractère[1].

À l’expiration du privilége que le parlement lui avait conféré, Watt (au commencement de 1800) se retira entièrement des affaires. Ses deux fils lui succédèrent. Sous la direction éclairée de M. Boulton fils et des jeunes MM. Watt, la fabrique de Soho continua à prospérer et prit même de nouveaux, d’importants développements. Aujourd’hui encore, elle occupe le premier rang parmi les établissements anglais destinés à la construction des grandes machines. Le second des deux fils de notre confrère, Gregory Watt, avait débuté dans le monde de la manière la plus brillante, par des compositions littéraires et des travaux de géologie. Il mourut en 1804 à vingt-sept ans, d’une maladie de poitrine. Cet événement cruel atterra l’illustre ingénieur. Les soins touchants de sa famille, de ses amis, parvinrent très-difficilement à entretenir quelque calme dans un cœur à demi brisé. Cette trop juste douleur a paru pouvoir expliquer le silence presque absolu que Watt a gardé pendant les dernières années de sa vie. Je suis loin de nier qu’elle ait été sans influence ; mais qu’est-il besoin de recourir à des causes extraordinaires, lorsque nous lisons

  1. Madame Watt (Mac-Gregor) s’éteignit en 1832, dans un âge très-avancé. Elle avait eu la douleur de survivre aux deux enfants qui étaient issus de son mariage avec M. Watt.