Page:Arago - Œuvres complètes de François Arago, secrétaire perpétuel de l’académie des sciences, tome 1.djvu/515

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jeune artiste entrant dons la quatre-vingt-troisième année de son âge.

Cette quatre-vingt-troisième année, il ne fut pas donné à notre confrère d’en voir la fin. Dès les premiers jours de l’été de 1819, des symptômes alarmants défièrent tous les efforts de la médecine. Watt lui-même ne se fit pas illusion. « Je suis touché, disait-il aux nombreux amis qui le visitaient, je suis touché de l’attachement que vous me montrez. Je me hâte de vous en remercier, car me voilà, parvenu à ma dernière maladie. » Son fils ne lui paraissait pas assez résigné ; chaque jour il cherchait un nouveau prétexte pour lui signaler avec douceur, avec bonté, avec tendresse, « tous les motifs de consolation que lui apporteraient les circonstances dans lesquelles allait arriver un événement inévitable. » Ce triste événement arriva, en effet, le 25 août 1819.

Watt fut enterré à côté de l’église paroissiale de Heathfield, près de Birmingham, dans le comté de Stafford. M. James Watt, dont les talents distingués, dont les nobles sentiments embellirent pendant près de vingt-cinq ans la vie de son père, lui a fait ériger un splendide monument gothique, qui rend aujourd’hui l’église de Handsworth extrêmement remarquable. Au centre s’élève une admirable statue en marbre, exécutée par M. Chantrey, et qui est la reproduction fidèle des nobles traits du vieillard.

Une seconde statue en marbre, sortie des ateliers du même sculpteur, a été placée aussi par la piété filiale dans l’une des salles de la brillante université où, pendant sa jeunesse, l’artiste, encore inconnu et en butte aux tracas-