Page:Arago - Œuvres complètes de François Arago, secrétaire perpétuel de l’académie des sciences, tome 1.djvu/564

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confrère Charles, assis dans la nacelle, salue gaiement le public, et s’élance ensuite majestueusement dans les airs. Oh ! pour le coup, passant, et sans transition, de la plus complète incrédulité à une confiance sans bornes dans la puissance de l’esprit humain, la vieille maréchale tombe à genoux, et, les yeux baignés de larmes, laisse échapper ces tristes paroles : « Oui, c’est décidé, maintenant, c’est certain ; ils trouveront le secret de ne plus mourir, « et ce sera quand je serai morte ! »

Carnot, d’un esprit sévère, et d’ailleurs il n’avait pas quatre-vingts ans, se garda bien d’aller aussi loin que la maréchale de Villeroi. Il se fit remarquer cependant parmi les enthousiastes. Il croyait alors, il a toujours cru depuis à la possibilité de diriger les ballons, et conséquemment aux applications que les sciences et l’art de la guerre en avaient espérées. Les archives de l’Académie doivent renfermer un Mémoire où le capitaine du génie Carnot soumettait à ses maîtres un dispositif de rames légères qui, suivant lui, devaient conduire au but. Ce Mémoire n’a pas encore été retrouvé. Je continuerai mes recherches, et si le travail me semble pouvoir ajouter à la réputation de notre confrère, le public n’en sera pas privé. Peut-être y joindrai-je un Mémoire du même genre, également inédit, d’un autre académicien, de l’illustre Meunier.


ÉLOGE DE VAUBAN PAR CARNOT. — SES DISCUSSIONS AVEC M. DE MONTALEMBERT.


Certaine société littéraire d’une très-petite ville s’était jadis qualifiée, de sa pleine autorité, de fille de l’Académie