Page:Arago - Œuvres complètes de François Arago, secrétaire perpétuel de l’académie des sciences, tome 1.djvu/654

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nouvelles bases, je m’empresserai d’exécuter ses ordres. Cette résolution ne peut manquer d’obtenir l’approbation d’un prince né Français, et qui connaît si bien les lois que l’honneur prescrit. »


Après les événements de Paris, après la constitution d’un gouvernement provisoire, le ministre de la guerre, Dupont, envoya à Anvers un de ses aides de camp. Voici la lettre que Carnot lui écrivit à cette occasion :


15 avril 1814.

« Il faut le dire, monsieur le comte, l’envoi que vous m’avez fait d’un aide de camp portant la cocarde blanche est une calamité : les uns ont voulu l’arborer sur-le-champ, les autres ont juré de défendre Bonaparte ; une lutte sanglante en eût été le résultat immédiat dans la place même d’Anvers, si, sur l’avis de mon conseil, je n’eusse pris le parti de différer mon adhésion et celle de toute la force armée… On veut donc la guerre civile ; on veut donc que l’ennemi se rende maître de toutes nos places ; et parce que la ville de Paris a été forcée de recevoir la loi du vainqueur, il faut donc que toute la France la reçoive ! Il est évident que le gouvernement provisoire ne fait que transmettre les ordres de l’empereur de Russie. Qui nous absoudra jamais d’avoir obéi à de pareils ordres ? Quoi ! vous ne nous permettez pas seulement de sauver notre honneur ; vous devenez vous-même fauteur de la désertion, provocateur de la plus monstrueuse anarchie ! Les leçons de 1792 et de 1793