Page:Arago - Œuvres complètes de François Arago, secrétaire perpétuel de l’académie des sciences, tome 1.djvu/660

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chose de la tenue militaire dont il avait pris l’habitude dans sa jeunesse.

J’ai envisagé, sous toutes ses faces, le conventionnel, le membre du comité de salut public, le membre du Directoire exécutif, le ministre de la guerre, l’ingénieur militaire, le proscrit, l’académicien. Cependant, plusieurs traits essentiels manqueraient au tableau, quelque vaste qu’il soit déjà, si je ne parlais encore de l’homme privé. Je ne m’écarterai pas, dans cette dernière partie de ma notice, de la route que je m’étais tracée ; je marcherai toujours la preuve à la main. C’est ainsi, je crois, qu’il faut louer un géomètre ; je me trompe, c’est ainsi qu’il faudrait louer tout le monde : en voyant combien l’honneur, le désintéressement, le vrai patriotisme, sont rares chez les vivants ; combien, au contraire, d’après les oraisons funèbres, d’après les inscriptions tumulaires, ils auraient été communs parmi les morts, le public a pris le sage parti de ne plus guère y croire, ni pour les uns ni pour les autres.

J’ai lu quelque part que Carnot était un ambitieux. Je ne m’arrêterai pas à combattre cette assertion en forme ; je raconterai, et vous jugerez vous-mêmes.

Le membre du comité de salut public qui, en 1793, organisait les quatorze armées de la République ; qui coordonnait tous leurs mouvements, qui nommait et remplaçait les généraux ; qui, au besoin, comme à Wattignies, les destituait pendant la bataille sous le canon de l’ennemi, n’était que simple capitaine du génie.

Lorsque, plus tard, le conseil des Cinq-Cents et le conseil des Anciens de la République de l’an iii appelaient