Page:Arago - Œuvres complètes de François Arago, secrétaire perpétuel de l’académie des sciences, tome 1.djvu/661

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unanimement Carnot à faire partie du Directoire exécutif : lorsque, devenu une seconde fois l’arbitre suprême des opérations de nos armées, il envoyait Hoche dans la Vendée, Jourdan sur la Meuse, Moreau sur le Rhin, à la place de Pichegru ; lorsque, par la plus heureuse inspiration, il confiait à Bonaparte le commandement de l’armée d’Italie, notre confrère avait fait un pas, mais un pas seulement : il était devenu chef de bataillon à l’ancienneté !

Cet humble grade, Carnot l’avait encore quand le coup d’État du 18 fructidor le chassa de France.

Les idées si profondément hiérarchiques du premier consul n’auraient pas pu s’accommoder d’un ministre de la guerre chef de bataillon. Aussi, en l’an ix, n’éleva-t-il Carnot à ce poste éminent qu’après l’avoir nommé inspecteur général aux revues. C’était, au reste, tourner la difficulté plutôt que la lever. Le grade demi-militaire, demi-civil d’inspecteur aux revues, n’empêchait pas que, sous le gouvernement des consuls, le ministre de la guerre ne fût encore, dans l’arme du génie, simple chef de bataillon.

Carnot quitta le ministère le 16 vendémiaire an ix. Douze jours après, son successeur demandait qu’on plaçât le nom de l’illustre citoyen dans la liste qui allait être formée des généraux de division de l’armée française. Le rapport rappelait, en très-bons termes, et même avec une certaine vivacité, tout ce que notre confrère avait fait pour la gloire, pour l’indépendance nationales. Le ministre allait même, au nom de la justice, de l’estime et de l’amitié, jusqu’à invoquer la magnanimité des