Page:Archives israelites 1851 tome12.djvu/472

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  1. 62 ' ncurvns

de cette pauvre Geneviève de Brabant réduite à errer avec son nouveau-né au milieu des bêtes des bois, Geneviève, l’épouse in- fortunée du trop crédule Palatin (Pfalsg·raf ) Siegfried si traî- treusement desservi par son infâme intendant Goto; ou bien encore c’était quelque épisode tiré dé la vie des saints et des martyrs, ou quelque légende mystérieuse, comme la tragique aventure du docteur Faust, ce grand im pie qui signa de son pro- ' pre sang un pacte avec le diable et tinit par être emporté par le diable. ~ · Les vendredis soir au contraire, ayant affaire à des hommes d’un autre culte d ont il fallait également satisfaire les goûts et flatter, pour ainsi dire, l’amour-propre national, maitre Rodol- phe en homme avisé, tirait de son répertoire celle de ses pièces qui offraient u n caractère et une teinte éminemment judattgue; et il annonçait avec une égale solennité, pour le même soir, la représentation de l’aventure du malheureux Joseph si mécham- ment vendu par ses frères, ou l’héroïsme de Judith qui délivre sa patrie en tranchant le chef de ce vilain ivrogne d’Holopherne. ou bien encore la clémence du roi Assuérus et la déconvenuede cet abominable Amon, si habilement éconduit par la belle Esther et son oncle Mardoohée; d.’ordinaire, sans doute pour que l‘illu·- sion fût au comble, et la couleur locale irréprochable, ces deux derniers personnages devaient, à la grande édification de ls foule, s’exprimer en hébreu même, si du moins, co mme le pen- saient maître Rodolphe et son auditoire, il fallait appeler de ce nom le jargon judaïco·allemand en usage en Alsace et qui appa- remment cinq siècles avant Père chrétienne était la langue ofü- cielle des cours de Suze et de Babylone. Comme maître Rodolphe jouait toujours devant un public que les théories un peu trop raffinées des Aristote, des Horace et des Boileau sur l’art dramatique, avaient pour de bonnes raisonspeu ou point converti, et ce public n’était pas du tout d’avis que les choses se passassent en récit ni derrière le rideau, maître Rodol- phe pour attirer son monde avait toujours soin de prévenir selon la pièce qu’il avait a nnoncée, que Golo serait bel et bien écar- telé en plein théâtre, Amen dûment pendu sous les yeux des spectateurs, Holopherne décollé dans le s formes et Faust em-