Page:Archives israelites 1851 tome12.djvu/583

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rsusrrrts. 515 possédés (si Pon n’entend par trésor le plus précieux de tous, je courage et la valeur accompagnés d’une loi inébranlable en Dieu), les pauvres Falashas caressent une tradition beaucoup plus tou- chante, selon laquelle le dernier des Gédéons brùla leurs an- nales avant de mourir (1). t Soci nios tit vendre à son proüt les enfants qu’on avait dérobés au glaive, et il fit enjoindre à tous les Falashas dela province de Dembéa et des autres pays soumis à sa domination, de renoncer à leur religion et de se faire baptiser, sans quoi _ils seraient mis à mort. Ces malheureux, voyant qu’il n’y avait aucun moyen de se soustraire à cetjordre, prirent le parti d’obéir (2). Entre ceux qui se convertirent, il y eut aussi quelqu’un de ja famille de Gédéon, dont les descendants, devenus chrétiens, rè- gnent encore, dit d’Abbadie, dans la personne du Dadj-Azmatch Oubié. Mais la pluralité des Falashas aura certainement abj uré seu- lement en apparence, tout en pratiquanten secret les rites de leur religion, comme les marranos ou:juifs_convertis_de l`Espagne et du Portugal. Lorsque Socinios, après une longue lutte soutenue contre ses sujets qui défendaient leur religion contre le catholicisme, que les jésuites voulaient lui faire introduire dans le pays fcomme u nique religion, chassa ces pères etzretourna à l'ancienne tolérance abys- sine en fait de religion, les Falashas auront recouvré aussi le droit d’exercer leur religion sans entraves , comme auparavant et comme ilsle font encore aujourd’hui. Mais la puissance politique des Falashas ne se releva plus des coups terribles que leur avait portés Socinios, dont la grand’mère] était pourtant, comme j_e l’ai dit, une Falasha. « Depuis cette époque, dit Bruce, ils cherchent moins les trou- » bles et les combats. Ils paient la taxe qu’on leura imposée, et’ _ n on les laisse paisiblement se gouverner à leur manière. Pen- » dant que j’étais encore en Abyssinie, leur roi et leur reine s’ap- n pelaient encore Gédéon et Judith, et ces noms semblent être » les noms de préférence de la famille jroyale. Dans ce temps-là, (1) D’Abbadis, journal des D(bats,·5juil1et18·l5, 3• page. (2) Bruce, t. V, p. 87-8. Q