Page:Ardouin-Dumazet, Le colonel Bourras et le corps franc des Vosges, 1893.djvu/77

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LE CORPS FRANC DES VOSGES

de Pontarlier, nous apprenons que le passage en Suisse est décidé ; la route est encombrée de voitures et de troupes.

Le colonel donne l’ordre de se remettre en marche, sans attendre deux compagnies en retard et qui, malheureusement, perdirent nos traces et suivirent le mouvement de l’armée en Suisse. La colonne put arriver avec la plus grande difficulté, en coupant hommes et voitures, jusqu’au delà de la Cluse à l’endroit des Petits-Fourgs. Nous voyons revenir par cette route des régiments entiers de cavalerie dont les généraux nous assurent que Chaux-Neuve et même Mouthe sont occupés.

À la vue de ce navrant spectacle, une vive douleur s’empara de nous ; nous voyions tomber la dernière armée de notre pays, qui restait désarmé devant un impitoyable ennemi.

Doutant encore de ce qui nous était assuré, et nous rattachant à la dernière lueur d’espoir, les officiers furent réunis, et tous, se faisant l’interprète de leurs hommes, sont d’avis d’essayer de s’ouvrir un passage par Mouthe, et de rentrer dans notre pays les armes à la main. On put trouver quelques pommes de terre qui, avec quelques biscuits pris