Page:Ardouin - Étude sur l’histoire d’Haïti, tome 2.djvu/153

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qués sur des navires arrivés au Cap, à la fin d’avril. Ils adressèrent des réclamations emportées à la municipalité, se plaignant hautement des commissaires civils.

La ville du Cap se trouvait donc, à l’arrivée de Galbaud, dans un état de fermentation qui faisait présager des troubles profonds. Son atmosphère était imprégnée de tout le fiel que vomissaient les colons contre Polvérel et Sonthonax.


Thomas-François Galbaud, général de brigade, était parti de Brest au commencement d’avril sur la frégate la Concorde : il arriva au Cap le 7 mai. Nommé d’abord gouverneur général des îles du vent par le conseil exécutif, il n’avait pas tardé à être destiné au gouvernement général de Saint-Domingue, en remplacement de d’Esparbès : sa commission lui fut délivrée le 6 février 1793. Quelques jours après, sa mère, propriétaire à Saint-Domingue, étant morte, sa succession ouverte rendit Galbaud co-proprié taire avec ses frères et ses sœurs. Or, la loi du 4 avril 1792 disposait que tout propriétaire dans les colonies ne pourrait être nommé gouverneur, etc. Galbaud eut la franchise de faire savoir sa qualité de propriétaire au ministre de la marine, en demandant qu’une nouvelle loi fût rendue à l’effet d’abroger cette disposition. Il reconnaissait donc son inaptitude à occuper la charge de gouverneur général. Le ministre ne lui répondit pas, et il partit pour Saint-Domingue[1].

Quoique sa commission fût calquée sur le protocole de celles des anciens gouverneurs des colonies, qui leur donnaient de grands pouvoirs, ses instructions portaient :

  1. Galbaud avait pour père un ancien membre du conseil supérieur du Port-au-Prince, un colon.