Page:Ardouin - Étude sur l’histoire d’Haïti, tome 2.djvu/168

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ma patrie par-dessus tout, parce qu’elle m’a élevé au niveau de tous mes semblables. Je vous déclare que je ne puis me regarder l’instrument passif des commissaires civils, parce que les commissaires civils sont des hommes, et que je risquerais de me rendre coupable, si je promettais d’obéir aveuglément à tous les ordres qu’ils pourraient me donner… Je vous supplie donc de m’autoriser à m’embarquer avec ma femme et mes enfans. La loi vous y autorise, puisqu’elle défend de donner aucun commandement dans la colonie aux propriétaires. D’après vos doutes, je regarde comme nul ce que je vous ai dit hier sur la conversation et ma correspondance ministérielle. Rien ne vous force à me croire ; tout vous oblige à faire exécuter la loi… »

À cette lettre, les commissaires civils firent une réponse où ils rappelaient à Galbaud les dispositions des diverses lois qui les autorisaient à exiger la soumission de son pouvoir militaire à leur autorité civile : ils la terminaient ainsi : « Dans ces circonstances, vous ne pouvez plus rester a Saint-Domingue ; vous retournerez en France rendre compte de votre conduite à la convention. Elle jugera, dans sa sagesse, si vous avez bien ou mal mérité de la République pendant votre court séjour dans la colonie. » Cette réponse est du 13 juin.

Galbaud répliqua le même jour à cette lettre, annonçant de nouveau sa soumission à leur détermination.

En conséquence, Polvérel et Sonthonax émirent une proclamation, le 13 juin, par laquelle ils le destituèrent pour tous les motifs allégués ci-dessus, et en tant que de raison, pour cause d’incivisme : ils lui ordonnèrent de se rendre dans le jour à bord de la gabarre la Normande pour y être consigné et conduit en France, et aller à la barre