Page:Ardouin - Étude sur l’histoire d’Haïti, tome 2.djvu/211

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les autres avides de pillage parce qu’ils n’ont rien. Ce sont, la plupart des chefs de corps militaires venus de France, qui n’ont préféré Saint-Domingue à Coblentz, que parce qu’ils ont cru pouvoir y servir plus efficacement la contre-révolution…

Non, la colonie ne périra pas ; elle ne courbera pas la tête sous le joug des tyrans ; elle renaîtra de ses cendres ; elle sera régénérée ; elle deviendra comme la France, la terre de la liberté et de l’égalité, et la République française y trouvera encore des enfans dignes d’elle.

Les citoyens du 4 avril 1792, ceux du 21 juin 1793, et ceux que nous élèverons encore à la dignité d’hommes libres n’oublieront pas que, de toutes les puissances européennes, la République française est la seule qui sache respecter les droits de l’homme ; et qu’ils ne peuvent conserver les droits civils et politiques qu’ils ont obtenus d’elle qu’en se ralliant autour de ses délégués, qu’en combattant pour elle, en repoussant l’ennemi, en réunissant toutes les parties de l’île sous le pavillon tricolore.


Par le dispositif de cet acte, ils déclarèrent traîtres à la patrie Neuilly, Lafeuillée et quelques officiers subalternes, les officiers municipaux de Jérémie, de la Cayemitte et des Abricots, et Duperrier, pour avoir résisté à la délégation, etc. Ils accordèrent une amnistie aux officiers et soldats du camp d’Ouanaminthe, à tous les esclaves révoltés : à l’égard de ces derniers auxquels ils accordaient huit jours pour en profiter, ils prescrivirent de punir comme révoltés tous ceux qui seraient trouvés armés ; et ceux même qui ne le seraient pas seraient réputés marrons s’ils étaient rencontrés errans après ces huit jours. Cette dernière disposition faisait revivre une des peines établies par la proclamation du 5 mai.


En rendant celle du 21 juin qui appelait à la liberté les esclaves qui combattraient pour la République, les commissaires civils furent induits à étendre le bénéfice de cette disposition libérale sur les familles de ces nouveaux