Page:Ardouin - Étude sur l’histoire d’Haïti, tome 6.djvu/463

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de la France, attisant le feu des discordes civiles pour ramener l’Esclavage sur ce sol qu’elle avait si généreusement légué à la Liberté ? Eh bien ! le triomphe des principes qui régissent les hommes dans la société civile, devait résulter aussi de l’ambition de Christophe, qui avait provoqué la destruction de la tyrannie, et qui voulait la reconstituer. C’est en vain que le despotisme espère étouffer toujours les idées ; il en jaillit de chaque goutte de sang qu’il fait verser injustement : elles éclairent les peuples sur leurs droits imprescriptibles.


Dartiguenave était arrivé au Port-au-Prince dans les premiers jours de décembre, porteur de la lettre de Christophe à Pétion, du 30 novembre. Ce fut le 10 décembre que ce dernier y répondit, pour faire ses observations sur l’inopportunité de la mission que ce général allait remplir dans le Sud. Les affidés de Christophe, parmi les députés du Nord, Juste Hugonin et Félix Ferrier, ne purent ignorer le délai mis par Pétion à l’exécution de cette mission, non plus que le consentement donné par Dartiguenave à attendre de nouveaux ordres : ils écrivirent à leur maître, et envenimèrent cette situation. Probablement, ils l’informèrent aussi de l’envoi de Lys et de David-Troy dans le Sud, sans savoir peut-être le but de leur mission. C’est ce qui explique le passage de la lettre de Christophe à Pétion, du 19 décembre, relatif aux trames et aux menées qui avaient lieu, disait-il, dans l’Ouest et le Sud. Mais cette lettre n’était que le résultat aussi d’une proclamation qu’il avait publiée la veille, le 18 décembre, où on lisait ce paragraphe :

« D’après les agitations qui viennent de se manifester dans les brigades de plusieurs divisions, il n’est plus