Page:Ardouin - Étude sur l’histoire d’Haïti, tome 7.djvu/519

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ficiers et la plus grande partie des soldats, réussirent à se dégager des étreintes de l’ennemi ; ils arrivèrent en ville, les uns en passant par les bois des diverses habitations du canton des Varreux, qui aboutisssent aux salines du littoral, vers le fort Lamarre, les autres par les habitations à l’est de Sibert : ceux-ci mirent plus de temps, en raison du long détour qu’il leur fallut faire.

Toutes les troupes venant du Sud étaient arrivées au Port-au-Prince, le 29 : le président se vit en mesure de former une forte colonne, principalement de grenadiers, pour l’envoyer au secours de Sibert et faciliter l’évacuation de ce fort. C’était une entreprise hardie, lorsqu’il y avait à présumer que ce point était bloqué, cerné en tous les sens ; il fallait qu’elle fût confiée à un officier général audacieux et plein de résolution : le courageux Gédéon fut celui qui lui parut propre à remplir cette mission. Il venait de se distinguer à Santo, et au moment où il allait courir de nouveaux hasards, Pétion récompensa ses services par le grade de général de division. Gédéon partit avec sa colonne, se dirigeant par la Coupe pour pénétrer dans la plaine et arriver à sa destination, à peu près à la même heure pu l’évacuation de Sibert s’opérait. Vers minuit, des militaires venant de là étant parvenus au fort Lamarre, annonçant l’évacuation, le président expédia son aide de camp Chéri Gateau auprès de Gédéon, avec ordre de rentrer en ville.

Parmi les braves de la garnison de Sibert, ceux qui périrent par l’effet de la canonnade ennemie ne furent pas les plus malheureux. Les prisonniers faits dans la nuit de l’évacuation, furent placés à bord d’une corvette de la flotte du Nord ; elle avait paru dans la baie pendant la semaine sainte, et ce bâtiment était mouillé au Fossé,