Page:Ardouin - Étude sur l’histoire d’Haïti, tome 8.djvu/321

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blissement d’un nouveau cimetière au sud de la ville, en dehors de son enceinte, la construction de tombereaux pour l’enlèvement des immondices dans les rues, la réparation des fontaines publiques où l’eau potable coulait irrégulièrement, etc, etc. Ainsi, il est prouvé qu’il y avait eu négligence de la part des fonctionnaires chargés de la police de la ville.

Dans la semaine sainte, qui arriva du 15 au 22 mars, un fait eut lieu au palais de la présidence, le jeudi dans la soirée, lequel occasionna de l’émotion aux citoyens par ses circonstances ; et nous en parlons pour prouver d’une part, l’intérêt qu’inspirait Pétion, de l’autre, la bonté de son cœur et cette modération qui était dans son caractère ; car ce fait était réellement insignifiant, malgré les proportions qu’il prit dans le public.

Le 15e régiment, d’Aquin, étant en garnison à la capitale, le capitaine Colomb, de ce corps, fut mis de garde à la douane. Ce vieux militaire, qui avait fait partie de la 13e demi-brigade en 1802, au Haut-du-Cap, avait de l’admiration pour Pétion, son ancien chef, et ne manquait jamais de le visiter pendant les garnisons de son nouveau régiment. Mais depuis quelque temps, il abusait des liqueurs fortes : or, le Jeudi Saint, dans la matinée, s’étant enivré extraordinairement, il commit des actes, du côté de la douane, qui dénotaient une sorte de folie ; et l’autorité militaire de la place, ou n’en fut pas avertie pour le retirer de cette garde, ou négligea ce devoir. Dans la soirée, Colomb quitta son poste dans l’état d’ivresse où il se trouvait encore, portant son sabre au côté et des cailloux dans ses poches, dans ses mains ; il se rendit au palais, où il demanda à parler au président, tout en divaguant complètement : arrêté par la garde du