Page:Ardouin - Étude sur l’histoire d’Haïti, tome 8.djvu/82

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une sucrerie à Madame Veuve Pellerin, la respectable mère de Lamarre, en considération des services éclatans rendus par ce héros ; et aux officiers de santé, et aux commissaires des guerres, des concessions de terrains suivant les grades auxquels ils étaient assimilés par la loi. Le 22 juin, il proposa de mettre en vente tous les biens du domaine public, afin que chaque Haïtien pût devenir propriétaire foncier. Enfin, le 28 juillet, il proposa d’accorder aussi des concessions de terrains aux fonctionnaires et employés de l’administration des finances, suivant l’assimilation de leurs charges.

Les lois des 18 et 19 août vinrent décréter toutes ces mesures proposées par le Président de la République, et les propriétés des anciens colons passèrent ainsi aux mains de ses citoyens de toutes les classes. Ces lois étaient la conséquence naturelle de leur confiscation en 1804[1].

Le président publia peu avant, un arrêté pour fixer le prix des opérations d’arpentage des terrains concédés ou vendus, et un autre pourvut à une sorte d’abus qui voulait se glisser dans le pays. Des Haïtiens qui étaient à l’étranger, y étant rentrés, obtinrent la mise en possession de leurs biens-fonds qui avaient été séquestrés en leur absence, et ils cherchaient à les vendre pour se retirer de nouveau à l’étranger : cet arrêté défendit de telles ventes, avant qu’il ne s’écoulât au moins un an et un jour après le renvoi en possession.


Garbage était à peine parti du Port-au-Prince, quand

  1. Les magistrats de l’ordre judiciaire ne reçurent leurs dons nationaux que par la loi du 23 décembre suivant, sur la proposition du président en date du 1er octobre.