Page:Ardouin - Étude sur l’histoire d’Haïti, tome 8.djvu/98

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sénat et les fonctionnaires. Soit par les émotions qu’il éprouva en voyant sa mission si déroutée, soit que le soleil d’Haïti voulût faire sentir son action en cette circonstance comme un avertissement utile, D. Lavaysse retomba malade aussitôt après cette audience, et il le fut sérieusement.

Pétion fut très-préoccupé de son état, dans la crainte qu’il ne mourût de la fièvre jaune qu’il avait, étant persuadé qu’à l’étranger on ne manquerait pas de supposer qu’il s’en était défait par le poison. Il chargea le respectable docteur Mirambeau, son médecin, de lui porter tous les soins qu’exigeait la maladie. À Kingston, le médecin français Vanscoutt, qui l’avait soigné, lui avait aussi recommandé d’appeler le docteur Mirambeau, en cas de nouvelle indisposition. C’est ce qui explique le retard qu’il mit à faire ses propositions consignées dans la note du 9 novembre.

Il y prit la qualité « d’Agent principal de Son Excellence le Ministre de la marine et des colonies de Sa Majesté Très-Chrétienne. » Il l’était en effet, mais certainement de l’aveu du Roi. Dans cette note, il exposa toutes les considérations qu’il crut propres à influer sur les déterminations de Pétion et des autres autorités de la République, en disant des injures grossières de l’Empereur Napoléon, qu’il n’appelait que le Corse. Mais il fît l’éloge des Bourbons et du ministre Malouet, en disant que ce dernier fut « l’ami de l’abbé Raynal, » dans l’intention de faire croire qu’il partageait ses sentimens philanthropiques.

D. Lavaysse, reconnaissant qu’il s’adressait à un peuple justement prévenu contre les Français, ajouta : « Toutefois, les Haïtiens ont été si souvent et si cruelle-