Page:Ardouin - Étude sur l’histoire d’Haïti, tome 9.djvu/17

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habitans de l’Est, il s’abstiendrait encore de toutes mesures préventives. Et il saisit cette occasion pour dire à Boyer, que « les généraux, organes de l’armée et du peuple du Nord-Ouest d’Haïti » avaient agi en conséquence de la bonne harmonie existante entre les deux territoires, en lui donnant connaissance de la mort de Christophe, en l’assurant que rien ne serait changé dans les relations antérieures de commerce et de bon voisinage, en sollicitant enfin de lui de leur envoyer quatre prêtres pour desservir des cures vacantes dans le Nord.

Cette dernière partie de sa dépêche de « mise en de meure » pouvait piquer le Président d’Haïti, par l’intention qu’il semblait mettre à comparer sa conduite à celle des généraux du Nord ; et nous n’en donnons ici que la substance, car elle était très-longue.

Le Président ne pouvait guère avouer la mission secrète qu’il avait donnée à Désir Dalmassy, d’après le plan même qu’il avait adopté pour amener la réunion pacifique de la partie de l’Est à la République : en pareil cas, tous les gouvernemens sont forcés d’opposer une dénégation à leur démarche. Le 22 décembre, de retour au Port-au-Prince, Boyer répondit au gouverneur Kindelan : — qu’il était surpris du contenu de cette dépêche, puisque étant assuré de ses principes et de son caractère, le gouverneur devait se persuader qu’il était un homme fidèle à l’honneur et aux lois de son pays. À ce sujets il lui cita le texte de l’art. 5 de la constitution d’Haïti, disant : « La République d’Haïti ne formera jamais aucune entreprise dans les vues de faire des conquêtes, ni de troubler la paix et le régime intérieur des États ou des îles étrangères.  » Puis il dit au gouverneur :

« Dans le siècle éclairé où nous vivons, quand toutes les