Page:Ardouin - Étude sur l’histoire d’Haïti, tome 9.djvu/174

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ce peuple trop longtemps malheureux ; c’est à nous de sacrifier nos veilles pour répondre à sa confiance. Et comment pouvons-nous espérer d’y parvenir ? C’est en faisant des lois qui, discutées avec sagesse, pourront faire fleurir l’agriculture et prospérer le commerce : qui doit produire en dernier résultat l’augmentation de notre population, garante de notre bonheur… » Puis, rappelant encore que l’année précédente, le président de la Chambre avait donné au Président d’Haïti une accolade patriotique pour sa sagesse dans la réunion du Nord et de l’Artibonite, il lui donna de nouveau « ce sincère témoignage de la reconnaissance nationale, qui doit cimenter l’union qui existe entre la Nation et le Magistrat qu’elle a établi le gardien de ses institutions. S’adressant alors à ses collègues, il leur dit : « Représentans, comme votre président, je crois pouvoir promettre, et nul de vous ne me désavoue, que tous nos efforts tendront à maintenir l’harmonie qui existe entre le Sénat, le Président d’Haïti et nous. »

Si le discours du chef de l’État témoigna de quelque crainte relativement « à l’esprit de secte, à la turbulence des passions qui pouvaient se manifester dans la Chambre, et qu’il chercha à porter ses membres à s’en présumir, on peut reconnattre aussi que dans le discours du président de cette Chambre, il y avait un passage sur « l’agriculture et le commerce qui réclamaient des lois », lequel décèle que les représentans se préoccupaient des propositions qui avaient été faites dans son sein, l’année précédente, en faveur de ces deux industries nationales, par Pierre André et Saint-Martin : propositions qui furent adoptées par la Chambre et adressées au Président d’Haïti pour qu’il y donnât toute son attention et en fit l’objet de projets de lois qui