Page:Ardouin - Étude sur l’histoire d’Haïti, tome 9.djvu/213

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les marchands en gros. Le 18, un arrêté du Président d’Haïti affranchit de tous droits à l’importation, les divers matériaux nécessaires à la construction des maisons, qui viennent ordinairement de l’étranger.

Peu de jours avant cet incendie, un navire français était arrivé, ayant à son bord le grand tableau allégorique qui a été placé derrière le maitre-autel de l’église du Port-au-Prince, et qui symbolise la lutte des indigènes contre l’armée française, et la déclaration de l’indépendance d’Haïti après son expulsion du territoire. Ce tableau est l’œuvre de M. Lethiers, homme de couleur de la Guadeloupe, résidant alors à Paris, et dont le grand talent comme peintre d’histoire lui valut l’honneur d’être admis à l’Académie des beaux-arts de France. Il en fit hommage à la République d’Haïti, afin de glorifier le courage de la race noire dont il faisait partie et qui sut conquérir sa liberté, alors que la France rétablissait l’esclavage dans ses autres colonies, moins favorisées que l’ancien Saint-Domingue.

Si ce peintre de notre race voulut, par son œuvre, honorer la patrie qu’elle érigea au milieu des Antilles, un vrai philanthrope français, qui publia l’histoire de la lutte glorieuse qu’elle soutint, Civique de Gastines, était venu quelques mois auparavant prouver, par sa présence dans la République, la haute estime qu’il portait aux Haïtiens. Après avoir adressé à Louis XVIII une lettre qu’il fit imprimer à Paris, dans laquelle il signalait la haine odieuse de la faction coloniale pour les noirs, et l’impéritie, les vues étroites des ministres français, disait-il, qui ne comprenaient pas les avantages qui résulteraient pour le commerce de la France, de la reconnaissance de l’indépendance d’Haïti, il adressa aussi une pétition à la chambre des députés dans le même but, afin de provoquer son intervention