Page:Ardouin - Étude sur l’histoire d’Haïti, tome 9.djvu/247

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mêmes intentions de traiter sur les bases expliquées dans mes dépêches des 10 et 16 mai 1821, dont vous m’avez rappelé un paragraphe dans une de celles que vous m’avez adressées[1]. Mes principes sont invariables, et mes devoirs sont sacrés : je n’y manquerai jamais. »

Ainsi, par cette déclaration, le Président renonçait aux combinaisons proposées par le général J. Boyé, dans les conférences de Bruxelles. Mais il ne se pressa point de faire partir le négociateur qu’il annonçait, surtout à cause de l’hiver, qui occasionne toujours de pénibles voyages. Ce ne fut que le 1er mai que partirent du Port-au-Prince, sur le navire le Julien Thalès, non un seul, mais deux négociateurs, les citoyens Larose, sénateur, et Rouanez, notaire du gouvernement. Nous ajournons ce qui concerne la mission qui leur fut confiée, afin de parler d’autres actes du gouvernement.


Le 1er avril, le Président d’Haïti procéda à l’ouverture de la session législative. Dans le discours qu’il prononça à cette occasion, il dit d’abord que la République jouissait de la plus parfaite tranquillité, malgré une tentative de révolte qui avait eu lieu récemment à Santo-Domingo et qui fut promptement réprimée. En effet, un nommé Ximenès, partisan du gouvernement espagnol, d’accord avec un prêtre qui desservait l’une des petites paroisses aux environs de cette ville, avait organisé une conspiration dont le but était de soulever toute la partie de l’Est au nom et en faveur de l’Espagne ; mais, découverte à temps par la vigilance du général Borgella, commandant de l’arrondissement, cette trame fut déférée par lui à l’instruction et au jugement du tribunal civil, dans ses attributions criminelles, et il en

  1. Voyez ces dépêches de 1821, dans ce volume, pages 47 et 48.